Ce soir-là de novembre, nous étions en route pour aller fêter nos 10 ans ensemble dans notre restaurant favori. D’habitude on ne fête jamais ce genre d’anniversaire mais là, 10 ans, bon, on s’était dit qu’il fallait marquer le coup.

Et en traversant la route, en bas de notre immeuble, un coursier à vélo, qui roulait comme un fou à contre-sens, nous a percuté.
La grande voltige. Avec à la clé, épaule fracturée, contusions en tout genre et dents cassées.
C’est à ce moment-là que ma vie professionnelle a pris un nouveau tournant.
Non je ne suis pas devenue avocate pour défendre l’honneur de mon sourire perdu (je vous rassure ma dentiste est une fée) mais c’est à partir de là que j’ai entamé ma reconversion.

 

Attendez, ce ne fut pas une révélation immédiate. Genre “Paf le chien vélo” et la lumière fut, elle trouva sa voie ! Non non rien de magique.
D’abord j’ai eu mal, puis je me suis un peu lamentée, puis je me suis un peu fâchée. Et puis quand tout ça s’est tassé, j’ai pris du temps. (Quelques semaines d’arrêt de travail, ça aide niveau temps dispo)
Du temps pour réfléchir sérieusement à la suite, pour me concentrer sur un projet qui devait être là à mijoter tranquillement quelque part dans un coin de ma tête en attendant son heure.
Et puis après ça a été assez vite. 4 mois après l’accident, j’avais lu tout un tas de bouquins sur le sujet, j’avais rencontré des coachs et leur avais posé tout un tas de questions, j’avais trouvé une école sérieuse et même trouvé un financement.
J’étais prête, enfin.

 

C’est plus tard que je me suis rendue compte que cet accident fut pour moi le déclencheur. Le grand coup de pied qu’il me fallait pour sortir de ma zone de confort et me pousser à faire de mon rêve professionnel une réalité.

 

Régulièrement je me demande “Si je n’avais pas eu cet accident, aurais-je pris cette nouvelle voie ?”
Mon éternel optimisme me dit que la vie aurait mis un autre “accident” sur mon chemin pour me faire prendre conscience que la vie est trop courte pour ne pas tenter le coup, pour ne pas faire ce que j’avais vraiment envie de faire.

 

Mais la vraie question qui me taraude c’est : “Aurais-je pu être mon propre déclencheur ?”
Aurais-je eu assez de motivation, de courage, de confiance pour me lancer sans cet évènement.
Soyons honnête, je n’en sais rien. Et à ce jour, ça n’a finalement pas d’importance.

Mais ce que j’aimerais par-dessus tout, c’est que VOUS, vous puissiez prendre cette décision d’une vie professionnelle plus épanouie sans avoir à y laisser des dents.